Chœurs en Seine 2019 : guide d’écoute des concerts

CHŒURS EN SEINE
GUIDE D'ÉCOUTE DES CONCERTS 2019
DE PARIS ET SEVRAN

PAR LUCIE FERRANDON

Dans le programme des concerts des Chœurs en Seine à Paris et à Sevran, la première partie a capella date essentiellement de la Renaissance. Mais nous avons choisi, pour l’introduire, un spiritual : Down to the river to pray, « Descendons, descendons à la rivière pour prier ». Ce thème de l’eau, qui inspira les musiciens et les poètes depuis la nuit des temps, se retrouve dans les deux très beaux extraits de Paschal de l’Estocart (texte du pasteur A. de Laroche-Chandieu). La glace, luisante et belle, et L’eau qui s’écoule symbolisent la vanité et l’inconstance du monde et donnent lieu à d’étonnants figuralismes. L’eau est présente également dans La Lola (1997) de Dante Andreo, d’après un extrait de Cantos del fuego de F.G. Lorca : « Elle lave sous l’oranger… l’eau de la rigole était pleine de soleil… ».Les autres chants célèbrent l’amour : Come again, sweet love doth now invite est à la fois une « chanson de luth » et un madrigal. Ce chant exprime à la manière raffinée et en même temps douce-amère de Dowland les tourments de l’amour, tandis que Bonjour mon cœur avec ses alternances d’écriture verticale et son inventivité rythmique suit au plus près le poème de Ronsard.

Il est bel et bon est à juste titre un « tube » dans le style des Chansons parisiennes de Janequin. Avec ses entrées en imitation, ses jeux de voix et de rythme et ses savoureuses onomatopées, il décrit un amour plus prosaïque : celui qu’éprouve la « commère » pour son mari.

Monteverdi est le musicien de la transition de la Renaissance vers le baroque et Orfeo (1607) est réputé être le tout premier opéra. Ce premier chœur décrit la joie, la légèreté et la danse. Il alterne le binaire et le ternaire, les voix en entrées successives et l’écriture homorythmique. Il est suivi d’une ritournelle instrumentale.

Nach dir, Herr, verlanget mich est une cantate du jeune Bach (1707). Sa particularité est l’absence de choral et la grande place accordée au chœur. L’écriture est riche et variée et utilise souvent des figuralismes mettant en relief des aspects du texte. Ainsi, dans ce premier chœur, les chromatismes descendants : De toi Seigneur je me languis.

Le Magnificat de Bach (1723) décrit la joie de Marie à l’Annonciation, Quia fecit mihi magna : « Car celui qui est tout-puissant fit pour moi de grandes choses… » est un chant de louange, plein d’humilité, très vocalisant, en dialogue constant avec le violoncelle.

L’oratorio Belshazzar (1744) de Haendel a été redécouvert récemment par William Christie. Recall, O king, thy rash command  : « Révoque, Ô roi, ton ordre téméraire » est un chœur à cinq voix d’une grande puissance. Il évoque la colère des juifs à l’égard de Belshazzar s’apprêtant à boire dans le vase sacré volé dans le Temple de Jérusalem.

Dans le chœur See, see we assemble tiré du semi-opéra King Arthur, Purcell reprend la technique d’écriture utilisée par Lully dans Le chœur des trembleurs.

À la différence de celui de Monteverdi, Glück fait commencer son Orphée et Eurydice (1762) après la mort d’Eurydice. Orphée et le chœur se lamentent près du tombeau d’Eurydice : « Ah dans ce bois tranquille et sombre ». Dans l’espoir de retrouver Eurydice, Orphée pénètre aux Enfers et est poursuivi par les Furies : « Quel est l’audacieux qui dans ses sombres lieux ose porter ses pas ». C’est avec cette œuvre que Glück porte un juste intérêt à la véritable expression dramatique qui le conduira à réformer l’opéra. Le chœur des prêtresses « Ô Diane sois nous propice » intervient au quatrième acte de l’Iphigénie en Tauride. Iphigénie s’apprête à sacrifier un homme qui n’est autre que son frère Oreste, qu’elle ne reconnaît pas.

« Placido è il mar » est tiré de Idoménée, roi de Crète. Mozart, au sommet de son art, s’inspire de la tragédie lyrique de Glück par la puissance expressive des chœurs. Cette pièce, tout de calme et de sérénité, en­cadre un très bel aria de soprano Soavi zeffiri qui implore les zéphyrs d’éloigner la tempête et de répandre partout l’amour.

Les trois derniers chœurs sont de la musique sacrée de styles et d’époques très différents.

Domine non secundum « Seigneur ne nous traite pas selon nos péchés » de Franck est à l’origine écrit à trois voix et a été récrit à quatre voix par P. Caillard. Il est largement inspiré du chant grégorien : modalité, flexibilité de la ligne vocale. Il donne la part belle à la voix de ténor.

« Oh what a beautiful city » est l’arrangement d’un célèbre spiritual de A. J. Thomas.

– Dans l’Alleluia extrait de la cantate « Der Herr ist mit mir », Buxtehude fait dialoguer instrumentistes et chanteurs sur une série immuable d’accords avec une inventivité rythmique et mélodique sans cesse renouvelée.

Chœurs en Seine, les détails sur la page Concerts et spectacles
Voir aussi l’interview de Lucie Ferrandon sur le montage du projet 

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