Le billet Ciné

Regarder des films
avec les oreilles !

Depuis ses débuts, le cinéma a demandé aux plus grands compositeurs de participer à cette union de l’image et du son. Célébrons cette semaine la prodigieuse diversité de la musique au cinéma qui a intégré, au fur et à mesure de son histoire, tous les styles musicaux. Ceci a permis aux réalisateurs et aux compositeurs d’affirmer leur personnalité artistique en renouvelant sans cesse les compagnonnages entre l’image, le récit et la musique. Chacun a son moment préféré pour se mettre devant l’écran et regarder un bon film. Dans ce billet Ciné, vous pourrez visionner quelques pépites françaises. Pour vous divertir, vous faire sourire et, peut-être, vous faire pleurer…

Florence Akar

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L’action se déroule pendant l’exode de 1940 en France. Un convoi de civils est mitraillé. Paulette, 5 ans, perd ses parents et se met à errer seule dans la campagne avec son petit chien mort dans les bras. Elle rencontre bientôt un garçon de 10 ans prénommé Michel. Il l’emmène vivre dans la ferme de ses parents où la petite est recueillie…

Jeux interdits de René Clément

Le film qui bouleversa le monde

Le 9 mai 1952 sortait sur grand écran le film de René Clément : Jeux interdits. L’année de sa sortie, ce drame remporte un succès considérable non seulement en France mais dans le monde entier. Il reçoit de nombreux prix dont l’Oscar du meilleur film étranger et le Lion d’or à la Mostra de Venise. La bande-son n’est pas étrangère à la charge émotionnelle ressentie par le public. Le thème principal, joué à la guitare, est de Narciso Yepes qui confie avoir regardé le film 32 fois avant de trouver un thème musical qui dialogue vraiment avec les personnages. La Romance anonyme, la mélodie la plus célèbre du film, est devenue un classique de l’apprentissage de la guitare.

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French Cancan de Jean Renoir

Le film se situe dans le milieu du « caf’conc’ » parisien. French Cancan est tourné en 1954 et regorge de chansons et de danses, à commencer par la fameuse chorégraphie qui émoustilla des générations entières de spectateurs. Soucieux de donner aux numéros filmés une touche d’authenticité, Jean Renoir demande à des vedettes de l’époque de venir chanter dans le film : on reconnaît ainsi Edith Piaf dans le rôle d’Eugénie Buffet et Patachou dans celui d’Yvette Guilbert. Mais le morceau le plus célèbre du film est La Complainte de la Butte, écrit spécialement par Jean Renoir et le compositeur Georges Van Parys. La mélodie est chantée dans le film par Cora Vaucaire qui prête sa voix à Esther Georges. Cette ritournelle fera le tour du monde.

© Capture YouTube

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Danglard est le directeur d’une salle de spectacle à Montmartre, le Paravent Chinois. Sa maîtresse, une comédienne nommée la Belle Abbesse, en est la vedette. Pour attirer une clientèle de bourgeois, il décide de relancer une danse passée de mode, le cancan, et de faire construire un nouvel établissement, le Moulin Rouge.

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À Paris, Julien Tavernier, un ancien parachutiste, accomplit un crime parfait : il assassine son patron avec l’aide de la femme de ce dernier dont il est l’amant. Voulant effacer un indice compromettant qu’il a oublié sur les lieux du crime, il se retrouve bloqué dans l’ascenseur qui l’y ramène.

© Capture bande-annonce ALLOCINÉ

Ascenseur pour l'échafaud
de Louis Malle

La séance d’enregistrement eut lieu la nuit du 4 au 5 décembre 1957. Jeanne Moreau, la principale interprète du film, accueille les musiciens derrière un bar improvisé. Louis Malle leur explique que la musique doit être en net contrepoint de l’image et les encourage à ne jamais chercher, à travers leur jeu, à traduire ou à refléter directement l’action.
À en croire Miles Davis, le seul véritable problème rencontré au cours de la séance fut de faire coller des séquences musicales à la démarche de Jeanne Moreau, qui,  selon lui, manquait cruellement de rythme.
Dans ce récit empreint de fatalité et qui s’achève par le gâchis général annoncé par le titre, la musique joue un rôle proche de celui du chœur dans la tragédie grecque. Elle n’illustre pas mais dit ce qui est tu, suggère ce que les personnages ne peuvent ou ne savent exprimer.

« …J’étais un cinglé de jazz… La musique d’« Ascenseur » est unique. C’est l’une des rares musiques de film qui ait été entièrement improvisée… Je passais les séquences sur lesquelles on voulait mettre de la musique, et il commençait à répéter avec ses musiciens… Le film en était métamorphosé… Quand on a ajouté la musique, il a soudain décollé. » — Louis Malle

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Jules et Jim
de François Truffaut

Un pur amour à trois

Avec trois comédiens en état de grâce : Jeanne Moreau, rieuse et grave dans le rôle de Catherine, est entourée d’Henri Serre et de l’Autrichien Oskar Werner.

La bande-son est une vraie partition de symphonie : la polyphonie des voix et la musique de Georges Delerue sont aussi harmonieusement orchestrées qu’un enchainement d’accords parfaits. La mise en scène de François Truffaut fait du motif du tourbillon – Le tourbillon de la vie – une chanson écrite et composée par Serge Rezvani (paroles et musique) un élément esthétique structurel. D’abord emblématique d’une insouciante légèreté, ce leitmotiv se fait porteur de menaces sourdes, à l’image des virages intempestifs de la voiture de Catherine sur la place vide, avertissant Jim du sort qui l’attend.

« Quitte à mettre de la musique, autant l’entendre. Je crois en réalité qu’elle escorte le film. Elle doit toujours être faite, non pas dans une optique d’illustration de l’image, mais pour l’aider, la renforcer. Mais c’est difficile de définir les moments où elle doit le faire. Pour moi, la musique, c’est presque comme une question de grammaire : je mets de la musique dans mes films quand nous passons du présent à l’imparfait. » — François Truffaut (1962)

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Paris, avant la Première Guerre mondiale. Jim, un français, et Jules, un autrichien, sont des amis inséparables. Ils tombent amoureux de la même femme, Catherine, mais c’est Jules que Catherine épouse. Après la guerre, Jim rejoint le couple en Autriche. Catherine avoue qu’elle n’est pas heureuse avec Jules, lequel accepte que sa femme prenne Jim pour amant. Mais Catherine est éternellement insatisfaite et change sans cesse d’avis sur son choix amoureux.

© Capture YouTube

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En 1969, Claude Sautet a 45 ans. Il veut arrêter le cinéma. Philippe Sarde, lui, en a 20 et il  se dit que le cinéma est devant lui. Ils vivront 30 ans d’amitié et de collaboration.

© Capture YouTube

Les choses de la vie
de Claude Sautet

Promenade enchantée au pays de Sarde

À propos du film Les choses de la vie, Philippe Sarde raconte : « Je le reçois en pyjama. Il est en complet veston. Il m’affirme qu’aucun compositeur ne lui convient. Finalement, je me mets au piano pour lui jouer les quelques mesures du thème que j’ai trouvé. Il est assis à ma droite, en retrait. Et je n’entends aucune réaction. Je me retourne et vois alors Claude en larmes, qui me dit : « C’est exactement cela que je recherche ! Vous êtes libre demain ? »
Sautet inspirait des mélodies, assistait aux enregistrements. Son ambition, était de : « faire des films pour en arriver à la musique ».
La musique lui permettait de dessiner ses personnages selon le principe : « Dis-moi ce que tu écoutes. Je te dirai qui tu es. »

Michel est victime d’un terrible accident de voiture. Mortellement blessé, il revoit sa vie en accéléré. Il réalise alors l’importance de ces multitudes de petites choses de l’existence, ces joies et ces peines qui constituent le bonheur de toute une vie.

Et plus, si affinités…

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Le grand restaurant. La scène des cosaques. Réalisé en 1966 par Jacques Besnard, ce film nous conte les aventures de M. Septime qui dirige de main de maître son restaurant mais qui doit faire face à l’enlèvement d’un président d’Amérique du Sud dans ses murs.
Cette comédie est réussie grâce aux nombreux gags désopilants très bien chorégraphiés. Louis de Funès était, à ses débuts, pianiste dans des cabarets et restaurants divers. Assis douze heures par jour sur un tabouret, il eut l’occasion d’observer l’envers du décor

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Jean-Luc Godard commande une musique emblématique de film à George Delerue pour son film tragique-érotique Le Mépris (1963), une grande histoire d’amour et de vie heureuse entre Paul et son épouse Camille. Une histoire qui sombre progressivement et tragiquement dans la déchirure et le mépris.
Cette merveille du cinéma français est tournée avec Brigitte Bardot (Camille) et Michel Piccoli (Paul) sur le fond bleu de la Méditerranée à Capri. Cet adagio romantique, mélancolique, et tragique, pour orchestre symphonique d’instruments à cordes, soutenus par quelques bois, un cor, et une harpe, est répété de nombreuses fois dans le film. Le texte du générique est lu par Jean-Luc Godard.

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Voici le temps de l’adolescence, la scène de toute une génération, notre Casablanca, notre Titanic français : La boum, comédie écrite réalisée par Claude Pinoteau, sortie en 1980.
L’histoire retrace la vie d’adolescents parisiens du début des années 1980 et lance la carrière cinématographique de la jeune Sophie Marceau.
Avec plus de 500 musiques de films à son actif, Vladimir Cosma est un compositeur incontournable en France. Trop occupé, il avait d’abord refusé de travailler pour La boum. Finalement, il prend son piano électrique et envoie une cassette démo. Le résultat plaît. Commence alors un travail de neuf mois durant lesquels il choisit les voix, étudie l’univers de la musique moderne, ses tempi, ses rythmes, pour être au plus proche de l’air du temps et mettre en valeur chaque seconde du « petit film », le sublimer, et en faire un succès mondial avec la chanson inoubliable, intergénérationnelle, Reality interprétée par Richard Sanderson.

© Lottiefiles
l’avenir de l’animation et du design interactif

Publication : Les billets de Florence – 24 avril 2020
avec la collaboration de gdc, 1er juin 2020

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