LE COUP DE CŒUR DE…

Lucie Ferrandon

Zefiro torna

Claudio Monteverdi

Zefiro torna, coup de cœur de Lucie Ferrandon
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Ma préférence à moi…

Avec l’arrivée du printemps, je vous adresse cette version remarquable de Zefiro torna de Claudio Monteverdi. Les deux voix homogènes de Nuria Rial et Philippe Jarrouski sont portées par l’ensemble Arpeggiata de Christina Pluhar, dont on savoure la richesse des timbres. Joie du rythme, exubérance des vocalises et liberté donnée à l’improvisation !

Bien à vous,

Lucie Ferrandon

Zefiro torna, le poème

La version de Zefiro torna proposée ici fait partie du IXe et dernier livre de madrigaux de Monteverdi. Elle s’appuie sur un texte de Rinuccini qui paraphrase le texte original de Pétrarque et simplifie la version antérieure que Monteverdi avait donnée dans le VIe livre de madrigaux. La structure est cependant scrupuleusement conservée. Zefiro torna est construit comme une chacone sur une basse obstinée au-dessus de laquelle s’élèvent les vocalises exubérantes des deux voix de ténors (dans l’enregistrement proposé, les voix de soprano et de contre-ténor).

Zefiro torna, e di soavi accenti
L’aer fa grato, e ‘l piè discioglie a l’onde,
E mormorando tra le verdi fronde,
Fa danzar al bel suon su’l prato i fiori.
Inghirlandato il crin Fillide e Clori
Note tempran d’amor care e gioconde;
E da monti e da valli ime e profonde
Radoppian l’armonia gli antri canori;
Sorge più vaga in ciel l’aurora, e ‘l sole
Sparge più luci d’or, più puro argento
Fregia di Teti il bel ceruleo manto.
Sol io, per selve abbandonate e sole,
L’ardor di due begli occhi e ‘l mio tormento,
Come vuol mia ventura, or piango or canto.

Zéphyr est de retour !
D’accents délicieux l’air est agrémenté ; déjà ses pieds agitent l’onde, il passe en murmurant dans les feuillages verts, et fait danser les fleurs dans le pré à sa belle musique.
Les cheveux parés de fleurs, Phyllis et Chloris chantent en accents joyeux et tout chargés d’amour ; depuis les hauts sommets jusqu’aux vallées profondes, les antres pleins d’échos redoublent l’harmonie.

Moi seul, dans les forêts désertes et solitaires,
je pleure et je chante, comme le veut mon destin, l’ardeur de deux beaux yeux et mon tourment.

Le contexte musical

À Venise, la vie musicale professionnelle est axée sur les palais privés des Vénitiens fortunés. Des soirées musicales et théâtrales sont fréquemment organisées dans leurs demeures. Dans pareille atmosphère, la musique nouvelle de style « concertato » pour petits ensembles est une formation idéale puisqu’elle permet de donner une soirée de musique variée pour le coût du cachet d’un ou deux chanteurs de Saint-Marc, de deux violonistes et du chef ou l’un de ses adjoints pour diriger l’ensemble au clavecin.

Publication : avec la collaboration bénévole de gdc – 04/04/2020

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